Progrès et défi en neurostimulation dans le traitement des céphalées

La référence

 

Magis D, Schoenen J. Advances and challenges in neurostimulation for headaches. Lancet neurology. Aug 2012;11(8):708-719.

 

L'article

 

De nombreux patients souffrent de céphalées primaires (c'est-à-dire de maux de tête sans cause identifiable) et sont résistants ou intolérants aux médicaments disponibles. Au cours de la dernière décennie, les procédures de neurostimulation central et périphérique se sont multipliées chez ces patients et, à travers le monde, environ 1200 d’entre eux ont été implantés. Les techniques utilisées vont de méthodes invasives telles que la stimulation cérébrale profonde (SCP) de l'hypothalamus postérieur, à l'implantation d'électrodes percutanées minimalement invasives utilisées dans la stimulation du nerf occipital, ou des méthodes non invasives telles que la stimulation magnétique transcrânienne.

 

Les articles retenus pour cette revue de la littérature ont été identifiés par une recherche sur PubMed avec les mot clé "céphalées", "stimulation du nerf occipital", "stimulation cérébrale profonde", "stimulation du nerf vague", "stimulation du nerf sus-orbitaire», « stimulation du ganglion sphéno-palatin", "stimulation magnétique" et " stimulation des nerfs périphériques". Seuls les articles disponibles en anglais ont été sélectionnés. Aucune limite de temps n’a été appliquée pour cette recherche effectuée en avril 2012.  

 

 

La stimulation du nerf occipitale, dans neuf études regroupant 91 patients, montre une amélioration moyenne de 67% dans le traitement de l’algie vasculaire de la face (AVF). Les complications sont faibles en dehors d’infections liées au matériel.

 

En ce qui concerne le traitement de la migraine chronique dix études s’y rapportent pour un total de 500 malades et une amélioration de 57% ( Figure). Peu d’effets indésirables, là encore, hormis des déplacements d’électrodes et des infections sur matériel. Concernant la SCP de l’hypothalamus dans le traitement de l’AVF, 64 patients ont été répertoriés et 42% sont considérés comme « pain free » tandis que 22% ont vu leurs douleurs diminuées d’au moins 50%. Les complications sont plus graves avec notamment le risque d’hémorragie intra-cérébrale, de trouble oculomoteur, d’attaque de panique ou d’euphorie.

  

Pour les autres techniques (stimulation du ganglion sphéno-palatin, stimulation du nerf vague et stimulation du nerf supra-orbitaire) les effectifs de patients sont plus faibles (14 à 20) et concernent trop peu de publication pour qu’une méta-analyse soit valable.

 

Bien que certaines de ces procédures soient largement étudiées, les essais contrôlés demeurent rares et le mode d'action précis de ces stimulations reste en grande partie inconnu. Néanmoins, la stimulation du nerf occipital et la stimulation cérébrale profonde de l'hypothalamus postérieur semblent être efficaces chez les personnes atteintes d’AVF tandis que la stimulation du nerf occipital est également prometteuse dans le traitement de la migraine chronique.

  

Le commentaire

 

Cette méta-analyse de l’équipe de Liège établit un bilan très favorable des résultats de la stimulation occipitale dans le traitement de certaines céphalées notamment dans la prévention de la migraine commune, de l’AVF et de formes plus rares (SUNA, SUNCT et hémicrania continua). Néanmoins les auteurs mentionnent le faible nombre d’études en double aveugle. Les études rigoureuses de ce type sont rendues difficile par le fait que, pour être efficaces, le niveau d’intensité de stimulation les électrodes entraîne généralement des paresthésies qui sont, par définition, ressenties par le patient.

Dr Marc Lévêque 

 

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