La stimulation du nerf occipital dans la migraine chronique : une étude randomisée en dessous du seuil de perception

La référence

 

Slotty P, Bara G, Kowatz L, Gendolla A, Wille C, Schu S, Vesper J (2014) Occipital nerve stimulation for chronic migraine: A randomized trial on subthreshold stimulation. Cephalalgia. Jan;35(1):73-8

 

L'article

 

La stimulation du nerf occipital (ONS) soulagerait la douleur des patients migraineux. Dans cet essai en double aveugle le rôle des paresthésies dans ce soulagement ainsi que le possible effet placebo sont évalués.

 

Des patients déjà traités par ONS ont été inclus. Les modes « stimulation supraliminaire», «stimulation sous le seuil» et «absence de stimulation » ont été comparés pour chacun des patients. Les résultats ont été mesurés en utilisant l'Échelle Visuelle Analogique (EVA) de la douleur, le McGill Pain Questionnaire ainsi que le SF-36.

 

Huit patients ont été patients inclus, l’EVA moyenne préopératoire était 8,20 ± 1,22. Une amélioration significative de la douleur a été observée en faveur de la stimulation supraliminaire comparée à la stimulation infraliminaire (1,98 ± 1,56 vs 5,65 ± 2,11). Les douleurs ont également été significativement atténuées lors de la stimulation infraliminaire versus aucune stimulation (5,65 ± 2,11 vs 8,45 ± 0,99) ( Figure 1). En revanche aucun changement dans le SF-36 n’a été observé.

 

Ces résultats tendent à montrer que les paresthésies ne sont pas indispensables à la réduction de la douleur néanmoins l’efficacité de cette stimulation semblerait liée à l’intensité de stimulation. Ce travail confirme également l’importance de la « personnalisation » des paramètres de stimulations.

 

Le commentaire

 

Ce faible effectif de patients exige de prendre ces données avec précaution. D’autre part, en observant ces résultats, il est tentant de considérer qu’il existe un lien entre l’efficacité de la stimulation et son intensité : plus l’intensité est élevé, plus les paresthésies sont importantes et plus le patient paraît soulagé. Néanmoins, on doit remarquer que le groupe « stimulation supraliminaire» n’est pas évalué en « aveugle » à l’inverse des deux autres. Un effet placébo ne peut donc être écarté avec ce groupe.

 

Malgré cette réserve et sa petite cohorte le travail de cette équipe de Düsseldorf demeure intéressant car, pour la première fois, une étude portant sur ONS et migraine est conduite en condition de double aveugle — au moins en partie—. Cette stimulation infraliminaire devrait permettre d’améliorer la qualité méthodologique pouvant faire défaut dans les travaux sur l’ONS.

 Dr Marc Lévêque 

 

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