La stimulation de la branche trigéminale dans le traitement des douleurs crânio-faciales rebelles

La référence

 

Ellis JA, Mejia Munne JC, Winfree CJ. Trigeminal branch stimulation for the treatment of intractable craniofacial pain. Journal of neurosurgery. 2015:1-6

 

L'article

 

La stimulation de la branche du trijumeau a été utilisée dans le traitement de douleur crânio-faciales mais les risques et les avantages de ce type d’approche n’ont pas été clairement définis dans les grandes études. Les auteurs rapportent leur expérience dans le traitement de la douleur crânio-faciales par stimulation de la branche du trijumeau.

 

Il s’agit d’une étude rétrospective de patients ayant bénéficié de la mise en place d’électrodes de la branche trigéminale pour traitement de douleurs crânio-faciales.

 

Entre 2006 et 2013, 35 patients ont subi l'implantation pour un total de 93 électrodes permanentes Quinze patients ont connu un meilleur contrôle de la douleur après une stimulation d'essai ce qui a débouché sur l'implantation d’un stimulateur permanent puis ont été suivis durant une moyenne de 15 mois. Au dernier suivi 73% des patients avaient un meilleur contrôle de la douleur tandis que 27% n’en rapportaient aucune. Lors de cette étude, il n’a pas été observé de complication grave.

 

La stimulation de la branche du trijumeau semblerait être un traitement sûr et efficace pour un sous-ensemble de patients souffrant de douleur crânio-faciales rebelle.

 

Le commentaire

 

La première stimulation d’une branche trigéminale afin de soulager des douleurs crânio-faciales remonte à 19611. A noter que les premières publications concernaient exclusivement des électrodes chirurgicales placées au contact du nerf après dissection. Les résultats très variables furent expliqués par de possibles lésion du nerf lors de l’abord direct et de la fibrose périnerveuse qui y faisait suite. À partir de 1999, des résultats plus encourageants sont rapportés avec des électrodes percutanées2,3 (Figure a), en 2004 l’équipe de Burchiel 4 fait état de 50 à 70% de soulagement chez des patients souffrant de douleurs crânio-faciales post-traumatique ou zoostérienne .

 

Avec ces 35 patients, cette série new-yorkaise de Columbia University est, à ce jour, la plus importante et semble confirmer l’utilité de cette technique dans des douleurs pharmacorésistantes de type post-zoostérienne ou de neuropathie trigéminale. Pour être éligible à ce type de traitement, les auteurs insistent sur le fait que la douleur doit être focalisée et concerner un territoire nerveux bien identifié. Ces résultats encourageants et l’incidence très faibles de complications — telles des contractions des muscles de la face lors d’électrodes insérées trop profondément — incitent à confirmer ces travaux, notamment par des études contrôlées et randomisées.

 Dr Marc Lévêque 

 

 

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