La neuropathie diabétique

La neuropathie diabétique douloureuse touche près de 20 % des malades souffrant d'un diabète de type II et environ 5 % des patients diabétiques de type I. Il s’agit d’une complication qui concerne les nerfs à petites fibres (A∂ et C) c'est à dire les nerfs somatiques de la sensibilité et/ou du systèmes autonomes (ortho/parasympathiques). 

 

Par conséquent, les fonctions autonomiques, la sensation à la douleur et les sensations thermiques sont touchés. Il s'agit de douleurs neuropathiques périphériques. Seul l'interrogatoire et l'examen physique permettent d'en établir le diagnostic. L'imagerie et l'électromyogramme ne présentent pas d'interêt.

 

Le soulagement passe par une équilibration aussi bonne que possible du diabète, avec parfois l'insulinothérapie, car l’hyperglycémie favorise cette perception douloureuse.

 

Dans un premier temps le Paracétamol, l'Acide salicylique, et les Anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être proposés. Le recours aux antidépresseurs tricycliques ainsi qu'aux anti-convulsisants de type Tégrétol, Rivotril, Neurontin et Lyrica doit se faire à doses progressives. En cas d'échec de ces différentes molécules - seule ou en association - la stimulation médullaire peut être une thérapeutique efficace comme en atteste ce récent article.

Stimulation médullaire (SME) et neuropathie diabétique douloureuse (NDD)

Fig : Scores de douleur et de qualité de vie avec et sans stimulation médullaire
Fig : Scores de douleur et de qualité de vie avec et sans stimulation médullaire

de Vos CC, Meier K, Zaalberg PB, et al. Spinal cord stimulation in patients with painful diabetic neuropathy: a multicentre randomised clinical trial.Pain. Aug 29, 2014.

 

Cette étude scandinave multicentrique et randomisée évalue l’efficacité de la stimulation médullaire épidurale (SME) dans cette indication.

Soixante patients souffrant de NDD dans les extrémités inférieures, réfractaires au traitement médical conventionnel, ont été recrutés et suivis pendant six mois. Ils ont été randomisés en deux groupes : 1 — meilleure pratique conventionnelle médicale avec SME (n=40) et 2 — idem mais sans SME (n=20, groupe de contrôle). Les deux groupes ont été suivis à intervalles réguliers. A chaque visite, le EuroQoL 5D, le  McGill Pain Questionnaire (SF-MPQ) et une échelle visuelle analogique (VAS, allant de 0-100) pour mesurer l'intensité de la douleur ont été renseignés. Au départ, le score moyen de VAS était de 73 dans le groupe SME et 67 dans le groupe de contrôle. Après six mois de traitement, la valeur moyenne de l'EVA est tombée à 31 dans le groupe SME (p <0,001) tandis qu’elle se maintenait à 67 (p=0,97) dans le groupe témoin (Figure). Les questionnaires SF-MPQ et EuroQoL 5D ont également montré une amélioration de l’état général et de la qualité de vie à l’issue des six mois de traitement. On ne déplore pas plus d’infection de matériel chez cette population pourtant davantage sujette à ce type de complication.

 

Commentaire

 

On regrettera le suivi limité ainsi que l’absence de double aveugle dans cette étude. L’existence de paresthésie lors de la mise en route de la SME rend, toutefois, cette méthodologie impossible.

 

Même si l'on considère ces limites, ces résultats peuvent être jugé comme encourageants et méritent, à ce titre, que l’on considère plus souvent et plus rapidement la SME dans le traitement des douleurs neuropathiques irréductibles des patients diabétiques.