IRM & stimulation médullaire : risques & précautions

Comment expliquer ce risque ?

Un équipement d'IRM produit 3 types de champs électromagnétiques pouvant affecter les systèmes implantés. Malheureusement ces 3 types de champs sont indispensables pour produire l'image IRM. Les 3 champs en question sont :

  • Un champ magnétique statique qui est stable, sans variation, toujours actif qui se situe autour du de l'appareil d'IRM, même en l'absence de balayage
  • Un Champs magnétique de gradient pulsé de basse fréquence qui est présents uniquement lors d'un balayage (examen). L'équipement d'IRM utilise 3 champs magnétiques de gradients d'angles différents permettant de construire une image en 3 dimensions.
  • Un champ de radiofréquence pulsé présent uniquement lors d'un balayage.

Le champ de radiofréquence peut être produit par diverses antennes émettrices, notamment une antenne corps entier émettrice (qui est intégrée dans le système) ou une antenne d'extrémité (antenne émission-réception pour la tête, par exemple). Les champs de radiofréquence générés par un dispositif d'IRM génèrent de l'énergie de radiofréquence dans le système d'électrodes implanté, ce qui peut provoquer un échauffement des plots ou du corps des électrodes. En outre, les champs magnétiques de gradients et les champs radiofréquence peuvent provoquer l'échauffement du neurostimulateur. Sur les électrodes cela peut, potentiellement, générer une stimulation accidentelle que le patient ressentira comme une sensation de tiraillement, un choc ou une secousse.

Quelles précautions prendre ?

Savoir si un patient porteur d'un dispositif de stimulation médullaire peut passer une IRM peut-être difficile à déterminer car cela pose de nombreuses questions : où est situé le neurostimulateur ? l'examen IRM concerne quelle région ? quelle électrode est implantée ? de quel stimulateur s'agit-il ? quel est la puissance en Tesla de l'appareil d'IRM ? 

 

Afin de pouvoir répondre il faut donc posséder les informations suivantes :

  1. Puissance de l'IRM en Tesla (1,5 T, 3T...)
  2. Région anatomique ou est implantée le neurostimulateur médullaire
  3. Région anatomique étudiée par l'IRM (tête, thorax, lombaire...)
  4. Emplacement de l'électrode (thoracique ou cervical)
  5. Dénomination de l'électrode
  6. Dénomination du neurostimulateur médullaire

Puissance de l'IRM : aucun dispositif n'est aujourd'hui conçu pour des appareils IRM dont la puissance est supérieur à 1,5 Tesla , cela quelque soit la partie du corps examinée.

 

Région anatomique ou est implanté le neurostimulateur : lorsque le stimulateur est situé au niveau pectoral, l'examen IRM n'est pas possible quelque soit la partie du corps examinée par l'IRM est quelque soit la puissance de l'IRM (y compris inférieur à 1,5 Tesla).

 

Région anatomique étudiée : hormis les deux cas précédent un examen IRM de la tête peut être possibles sous certaines conditions : le neurostimulateur médullaire doit être préalablement désactivé (position "OFF") et qu'il réglé avec un "Ampèrage" ou un "Voltage" nul. Il doit s'agir d'électrodes implantées au niveau thoracique et non au niveau cervical. Enfin certains neurostimulateurs comme l'Itrel 3® de Medtronic par exemple, sont contre-indiqués pour type d'IRM, cela quelque soit la région étudiée ou la puissance de l'appareil IRM. Il est donc primordial de connaitre le type de matériel implanté (carte de porteur, protocole opératoire ou bien interroger le chirurgien ayant implanté le dispositif).

 

Aujourd'hui certaines électrodes  autorisent en plus de la tête des IRM des extrémités à conditions qu'elle se trouvent au niveau thoracique et d'être connectées à un neurostimulateur de type Prodigy® de St Jude Medical voir à des IRM du corps entiers avec un neurostimulateur  RestoreSensor® de Medtronic (dans ce dernier cas les électrodes peuvent également se trouver au niveau cervical). Même avec des neurostimulateurs "IRM compatibles" le neurostimulateur doit être préalablement désactivé (position "OFF") et être réglé avec un "ampèrage" ou un "voltage" nul.

 

Par ailleurs la télécommande du patient, le chargeur, le neurostimulateur externe ou le programmateur médecin ne peuvent entrer dans la salle IRM. Ces appareils sont composés de matériaux ferromagnétiques et peuvent altérés par l'aimant de l'IRM.

 

Certains industriels, comme Medtronic par exemple, offrent une base de donnée en français sur leurs dispositifs implantés afin de déterminer sa compatibilité avec l'IRM.

Rubino S et al. MRI Conditionality in Patients with Spinal Cord Stimulation Devices. Stereotact Funct Neurosurg 2016; 94(4): 254-8.
Rubino S et al. MRI Conditionality in Patients with Spinal Cord Stimulation Devices. Stereotact Funct Neurosurg 2016; 94(4): 254-8.

Quel risque de déformation des images ?

Même les électrodes  "IRM compatibles" ont démontré une distorsion minime des images sur les zones entourant les électrodes implantées lorsque le dispositif est hors du champ de vision. La présence du dispositif dans le champ de vision peut entraîner une distorsion importante des images. Ces facteurs doivent également être pris en compte lors de l'interprétation des images d'IRM. Le choix des paramètres de séquence d'impulsion, d'emplacement de l'angle et d'emplacement du plan d'imagerie peut limiter les artéfacts des images d'IRM mais cette réduction de la distorsion de l'image obtenue par l'ajustement des paramètres de la séquence d'impulsion se fait habituellement au prix du rapport signal/bruit.

Quel précaution prendre pour limiter les artefacts ?

▪ Éviter si possible d'utiliser l'antenne réceptrice du corps. Utiliser à la place une antenne réceptrice locale uniquement.

▪ Utiliser des séquences d'imagerie de gradient plus important aussi bien pour les sens de codage en coupe qu'en lecture. Utiliser une largeur de bande supérieure aussi bien pour les impulsions de radiofréquence que pour l'échantillonnage de données.

▪  Choisir une orientation pour l'axe de lecture qui réduise au maximum la distorsion dans le plan.

▪Utiliser des séquences d'imagerie RM d'écho de spin ou écho de gradient avec une largeur de bande d'échantillonnage de données relativement importante.

▪  Utiliser un temps d'écho plus bref pour la technique à écho de gradient, lorsque cela est possible.